« First Song. »

« First Song. »
New-York, le 6 Janvier.

« Le temps s'évade par ma fenêtre et je suis là à chercher des raisons, avec la désagréable impression que l'on m'a arraché une moitié du c½ur. La vie n'as pas le même gout sans toi. Etendue sur mon lit, le souffle me manque. Et je me surprends à tendre l'oreille pour saisir le murmure incertain des accords que tu plaquais sur ta vieille guitare sèche. J'attends mais aucune musique ne parvient jusqu'à moi. Juste le son de la ville qui s'éveille en contre bas. Et brusquement mon c½ur lâche j'ai beau essayé de lutter. La peine s'infiltre par tous les pores de ma peau et s'insinue dans mes veines. Je suis toute seule depuis que tu es partis, je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi. Je veux seulement voir mon reflet dans tes yeux. Je porte ta chemise, elle me rappelle ton odeur le gout de ta peau et la saveur de ton corps. Je sens que je deviens folle. J'ai besoin de toi ici avec moi. Comment vais-je vivre sans toi ? »

La jeune femme ferma son journal d'un geste sec et du revers de la main essuya les larmes qui s'étaient frayées un chemin le long des ses joues. Elle roula sur le dos et chercha des réponses à ses questions dans la contemplation du plafond. La boite posée à coté de ses hanches semblait l'appeler irrésistiblement. Leur boîte, il lui avait laissé comme un animal boiteux qu'on abandonne sur une aire d'autoroute. Elle soupira et se redressant y plongea la main. Elle en sortit une enveloppe blanche fermé d'un simple bout de scotch, elle l'ouvrit et en extirpa difficilement plusieurs feuillets sur lesquels s'étalait une écriture allongée et fine. Son écriture.

# Posté le dimanche 09 décembre 2007 14:16

Modifié le samedi 12 janvier 2008 18:42

« Last Goodbye. »

« Last Goodbye. »
New-York, le 2 Janvier.

« Le temps ne m'a jamais semblé être aussi court. J'ai perdu tellement de temps. Et toutes les choses que je veux te dire ne sortent pas correctement. J'écorche mes mots. Remplissant un espace, parcourant un chapitre de notre vie. Lisant dans tes yeux, je peux te sentir rampant dans mes veines. J'ai divisé les cieux, enterré la vérité pendant trop longtemps. C'étaient les années où nous essayons d'apprendre quoi laisser. Peut importe qui nous sommes, Je me souviendrai toujours comment nous étions. L'horloge brisée est un réconfort. Ça m'aide à m'endormir ce soir. Peut-être peux-tu arrêter demain, le temps juste pour une journée. Et je suis toujours là à attendre. Je m'effondre, je respire à peine. Juste un c½ur brisé, Qui continue de battre dans la peine. C'est la guérison, dans ton nom. J'ai trouvé un sens et j'essaie de tenir bon. Je m'accroche à peine à toi. Et je fais de mon mieux pour être prêt. A m'efforcer à rester. Et je vois toujours ton reflet dans mes yeux. Ils cherchent un but, ils cherchent encore la vie. En te regardant, en retenant mon souffle Pour une fois dans ma vie j'ai peur de mourir. Le monde que je vois en toi attendant de prendre vie, me sortant de mon rêve. La réalité au fond de ton regard. Entourer ton cou de mes bras, sentir ton souffle sur mes souffrances, Je soupire. Le passé est révolu et un sourire vide rend cela tellement difficile. Je me perds en essayant juste de trouver une place pour moi en toi. Un sourire triste apparait sur ton visage quand tu me regardes. Ca me tue de te faire tant de mal. Tu devras me laisser être loin de toi, même si ça fait mal, ne cache pas ces blessures que j'ai besoin de voir. Les années qui se sont effacées me manquent. La façon dont la lumière du soleil illuminait ton visage me manque. Toutes les petites choses dont je n'ai jamais pensé qu'elles signifiaient quelque chose pour moi me manque. Je sens les battements de ton c½ur, je vois les ombres de ton visage. Je me tiens à la limite de ce qui pourrait être possible, recherchant le meilleur de moi : Toi. Le temps s'arrête pour me dire tout ce que j'aurais pu faire. J'ai l'impression que je me poursuis, comme si je m'affrontais tout seul. Tu m'as dis un jour que si je tombe, je tomberai directement dans tes bras, si je trébucherais sur mes pieds, et si je commence à glisser, je me rééquilibrerai dans le creux de tes mains. Parce que peut-être qu'un jour je pourrais apprendre à te croire et m'arrêter de penser seulement avec ma tête. Peut-être qu'un jour je pourrais apprendre à partir. Parfois nous tombons, ce n'est plus une surprise pour moi. Ne fermes pas tes yeux, rappelle toi de moi en souriant comme je me rappelle de toi en m'en allant. Le silence est tout ce que j'ai à te donner et les souvenirs d'une vie que je souhaite qu'on ait vécu. Assis-toi, ris en pensant à ce qu'on a fait, laisse moi à l'intérieur de toi. Je ne peux pas oublier que le présent est un don et je ne veux pas considérer comme acquis tout ce temps que l'on pourrait partager. Demain laisse les fenêtres ouvertes. Je n'ai jamais pensé que je perdrais. Je m'en vais mais je jure que tu seras heureuse, je choisirais une étoile dans le ciel. Je te le promets, tu seras heureuse.
Nate. »

# Posté le lundi 10 décembre 2007 15:25

Modifié le lundi 11 février 2008 12:59

« Drive. »

« Drive. »
Accoudé à la portière de sa vieille Ford mustang, la jeune fille attendait, bloquée dans les embouteillages sur l'autoroute à la sortie de New-York. Quelques heures plus tôt elle avait claqué la porte de leur appartement. Emportant avec elle, son vieux sac dont les années passé avait abîmé le cuir et leur boîte à souvenir dans laquelle elle avait déposé son journal. Elle avait enfourné quelques vêtements dans un grand sac de toile. Et avait dis adieu à leurs souvenirs. Laissant derrière elle, tout un chapitre de sa vie. Adossé à son siège, la jeune fille tapota nerveusement sur le volant. Puis d'une main attrapa son journal et alluma le plafonnier.

Autoroute A65, le 7 Janvier.

« Je me suis réveillée ce matin, en écoutant la télé annoncer quelque chose sur le désastre de ce monde. Cela m'a fait réfléchir sur mon futur. Il y a tant d'obscurité dans ce monde, mais quand je vois que tu n'es plus à mes cotés. Plus ce que tu me donnes, me laisse à penser que tout ira bien pour moi. Parce que si ton amour est la seule chose que j'obtiendrais dans cette vie, alors cela suffira bien assez. Je retrouve mon chemin vers le bon sens. Bien que je ne sache pas vraiment ce que je ferais quand je serais là-bas. Respirer et tenir bon. Je tourne en rond une fois de plus car je m'accroche à tout les mots que tu as prononcés même si tu ne peux plus me parler ce soir. J'ai besoin de vivre ailleurs. Loin de notre vie. Je ne veux pas passer mon temps engoncée dans les souvenirs que nous avons formés à deux. Tu vas me manquer comme sa couverture manque à un enfant. Mais je dois avancer dans ma vie C'est le temps d'être une grande fille maintenant. Et les grandes filles ne pleurent pas. »

Malgré tout une larme roula sur sa joue. Et une autre ne tarda pas à la rejoindre. Le manque de l'autre est un sentiment inexplicable, et la jeune femme ne chercha pas à le coucher sur papier. Il lui manquait c'était un fait. Mais peut-on oublier un jour une personne qui vous à tant aimer ? La jolie brune ferma les yeux et sursauta lorsqu'elle entendit le bruit strident d'un klaxon. Elle jeta son journal sur le siège passager, éteignit le plafonnier et retirant le frein à main démarra.

# Posté le mardi 11 décembre 2007 03:42

Modifié le samedi 12 janvier 2008 18:15

« Sadness In Your Eyes. »

« Sadness In Your Eyes. »
La jeune femme répondant au doux nom d'Aubrey coupa le moteur et s'extirpa de l'habitacle étouffant de la Ford. Elle se figea un instant et jeta un coup d'½il au alentour. Une station à essence se dressait devant elle, l'enseigne peu avenante et les locaux probablement insalubres. Elle fit claquer ses bottes sur l'asphalte recouvert d'un fine couche de sable et s'avança rapidement jusqu'à la station essence. Une sonnette retentit à son entrée. Le jeune homme au comptoir se redressa. La jeune fille occupé à chercher des mouchoirs au fond de son sac ne releva même pas la tête pour lui demander.

Aubrey_ Excusez moi il y a des toilettes ?
Brent_ Au fond à droite ...
Aubrey_ Merci.
Brent_ Attendez il faut les clefs.

Surprise Aubrey se retourna. Le jeune homme tendait les clefs par-dessus le comptoir. En découvrant enfin son visage Aubrey se dit qu'il aurait été plus à sa place sur la couverture d'un magazine que derrière le comptoir d'une station essence perdue dans le désert. Ses traits fins contrastaient avec sa mâchoire dure. Les épreuves qu'il avait probablement traversé était inscrite sur son front soucieux. Elle plongea ses yeux dans les siens.

Motel, le 8 Janvier.

« Je n'avais jamais vu autant de tristesse dans les yeux d'une personne, pas même les miens. Il faut croire que le malheur est semé sur la route de chacun et que nous ne somme jamais seul dans notre douleur. Personne n'a le monopole de la souffrance, c'est une des rares choses que l'homme accepte de partager. Je n'ai fais que croiser son regard, mais j'ai comme l'impression qu'un lien s'est crée l'espace de ces quelque secondes où mon regard s'est noyé dans le sien. Je me suis sentie comprise par un étranger.»

# Posté le mardi 11 décembre 2007 12:18

Modifié le samedi 12 janvier 2008 18:20

« Six Days Later. »

« Six Days Later. »
Six jours avait passé depuis que le carillon de la porte d'entrée de la vieille station service avait sonné. Six jours qu'elle était entrée dans sa vie, une éternité. Ils s'étaient immédiatement adoptés comme si le destin avait mis l'un sur la route de l'autre. Pour guérir, se reconstruire.

Perron de Brent, le 14 Janvier.

« Nous étions deux écorchés vifs, la vie avait joué avec nos c½urs et nos sentiments. Nous étions deux ombres errant sur terre descendant cette route solitaire qu'est la vie. A la recherche de ce que tout le monde désire trouver : un ami. Une main tendue, quelqu'un qui comprend quand tu sens que tu t'es égaré. Quelqu'un qui est là pour te guider. »

Le jeune homme contempla l'immense façade peinte d'un blanc éclatant. Il avait posé la dernière couche le week-end dernier, cela lui semblait si loin. Il cala un carton sous son coude et tira la porte. Les rires des souvenirs passés s'échappèrent un instant de la porte à moitié close. Il respira un grand coup et ferma la porte à clef. Il attrapa le sac posé à ses pieds et se dirigea vers la vieille Ford Mustang, son fils était sagement attaché à l'arrière jouant avec son avion en plastique. La jolie brune l'attendait devant la malle, elle lui prit le carton des bras. Aubrey contempla un instant le profil du jeune homme qui le regard triste avait du mal à laisser ses souvenirs derrière lui.

Aubrey_ Ne regardes plus en arrière Brent, le passé ne reviens pas.
Brent_ Je sais, c'est tellement dur.
Aubrey_ Clore des cycles, fermer des portes, finir des chapitres - peu importe comment nous appelons cela, l'important est de laisser dans le passé les moments de la vie qui sont achevés

« Je me demandais si la vie avait un sens, et j'ai rencontré une personne qui a donné un sens à ma vie : Aubrey. Il faut lutter pour ses rêves, mais il faut savoir également que quand certains chemins se révèlent impossibles, mieux vaut garder son énergie pour parcourir d'autres routes.»

# Posté le mardi 11 décembre 2007 13:46

Modifié le samedi 12 janvier 2008 18:08